QUI ÊTES-VOUS DERRIÈRE LE BAR (À VIN) ?

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DANIEL J. BERGER

Au Salon des Vins de Loire qui vient de se tenir à Angers, a été publié un sondage auprès de 100 bars à vin de l’Hexagone. Marginale en part de distribution, la position du gérant de bar à vin, comme celle de caviste, est devenue clé. Autant qu’ils écoutent, les gérants de bars à vins et les cavistes conseillent, ils peuvent créer des (micro) tendances. Ils sont quelquefois bloggers, les producteurs les choient, on les considère. Ce sont un peu des confesseurs, rarement des confessés et, même de circonstance, cette étude se voudrait une première du genre.

Le wine barman aime le contact avec les vignerons. Il préfère la visite des domaines (62% des personnes interrogées) à celle des salons et manifestations de vin (46%). L’internet l’intéresse peu, il faut qu’il goûte sur place et touche la main du vigneron. La profession donne l’impression d’être adepte de son ancêtre Jean-Baptiste Chaudet, un caviste précurseur des années 50, sis au 20 rue Geoffroy St-Hilaire à Paris 5ème, démoli depuis, un parigot d’adoption d’origine savoyarde qui rayonnait dans la France entière avec sa fourgonnette 203 Peugeot « à la recherche de quelque chose de nouveau » (1). Depuis, le gérant de bar ou de cave a pris la bonne habitude de recevoir des vignerons dans sa boutique et d’y inviter ses clients pour qu’ils fassent connaissance. Read More »

SPLENDEUR ET FÉLICITÉ

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HERVÉ KEMPF / LE MONDE — 12-23 février 2012

Nous publions in extenso la chronique de Hervé Kempf parue dans Le Monde en page 16 « Décryptages — Analyses » les 12-13.02 derniers, pour ses rares qualités de finesse, d’intelligence et de causticité, sans négliger le message écolo. Le chroniqueur est sans doute de ces amateurs de vin comme on les aime — jugement sûr, pratique discrète, culture large. On aimerait lire plus souvent ce genre de billet élégant dans la presse du vin, qui progressivement perd de son indépendance (vis-à-vis des annonceurs) et gagne en conformisme (par rapport aux goûts dominants), manquant souvent de cette vision qui est l’indispensable pendant du savoir boire.

« Ah ! qu’il est dur d’être écologiste ! Entre combien de périls il doit louvoyer ! Tenez, imaginons qu’il veuille parler de vin. On le renverra au pétainisme, parce qu’il évoque la délicate alliance du cep et de la terre. On va l’accuser d’être de gauche, car à l’école de Roger Dion *, il sait que le vin est un fait social.

On lui reprochera de honnir le capitalisme, quand il critique après d’autres le goût standardisé que répandent des compagnies vino-industrielles de Californie ou du Chili. Il sera populiste, puisqu’il prétend que la qualité des arômes ne doit pas être réservée à l’oligarchie, mais qu’un nectar délectable est possible pour tous. Read More »