DANIEL J. BERGER

Le lendemain vendredi 9 décembre, Château Maucamps à Macau, où nous avons RV tôt avec l’œnologue Claude Gaudin, gérant de Vitigestion qui manage une dizaine de châteaux, et d’Ambrosia qui commercialise l’ensemble. Il nous a préparé une série copieuse.

D’abord trois Bordeaux supérieurs : Tour de Gilet 2009, Barreyre 2010 (ne pas confondre avec le Haut-Médoc Barreyres), et Laronde-Desormes 2010, ex-propriété de Château Giscours à Margaux. Le prix cadrerait mais la qualité n’y est pas.

Puis leurs AOC Haut-Médoc 2010 : DasvinBel-Air à Blanquefort; Clos de May à Macau, qui est le 2ème vin de Maucamps (70% merlot, 30% cabernet-sauvignon); Château Maurac à Saint-Seurin (65% M, 35% C-S) qui nous plaît bien, je le note ***1/2, il est aux alentours de 5 €, c’est un bon sujet; Barateau (photo de droite) à St-Laurent-Médoc (65% C-S, 35% M) « qui vient d’être acheté par les Chinois » annonce Gaudin presque goguenard; et pour finir, le Château Maucamps 2010 (65% C-S, 30% M, 5% petit verdot), un beau vin, que nous connaissons bien, encore trop jeune pour être bien apprécié ce matin, et sortant de notre fourchette de prix.

Nous enchaînons avec le Château de Coudot, à Cussac, un cru artisan managé avec beaucoup d’énergie par Joël Blanchard (à gauche).
L’homme parle sans détour, il nous montre ses systèmes de boisage, l’un inspiré des « fans » australien — de simples lattes supposées faire le même effet que les douelles —; l’autre par copeaux « qui enlèvent la verdeur« , à 10 € le kg. Il en met trois semaines ou un mois dans une cuve avant de passer le vin en tonneaux.
Les boisseaux de 36 lattes, Blanchard explique qu’il les met dans ses cuves (de 165 hectolitres), les y laisse pendant 6 mois, puis verse le vin en tonneaux.
Quand on lui fait remarquer que le goût de boisé artificiel nous laisse perplexes, il rétorque vertement: « … Ah! si vous saviez ce qui se passe dans les 1ers crus… Les douelles, c’est Château Giscours qui a montré l’exemple, ça a fait scandale à l’époque, maintenant c’est courant, vous pouvez pas savoir !. » Blanchard a du culot, du réalisme et de l’ambition.

Son 2010 est très correct, plutôt bien fabriqué, mis à prix 7 € : ce sera difficile à négocier. Jean-Jacques Lobel fait remarquer qu’il ne peut guère vendre moins cher, il a des coûts fixes incompressibles. C’est plus facile de jouer sur les prix quand on a du stock, lui n’a pas grande latitude, ce qui est souvent le cas des crus artisans qui veulent évoluer en qualité. Et puis 8 000 b d’un coup, c’est beaucoup pour une production restreinte comme la sienne.

Après le déjeuner nous avons RV au Château de Lauga, un autre cru artisan de l’autre côté de Cussac. Charles Brun arrive (à droite) avec un sourire sympathique. L’exploitation est dans la famille depuis cinq générations — de vrais artisans à la fois viticulteurs et tonneliers, qui vendaient leur vin « logé » en barrique — s’étend sur 8 ha. Parlons du 2010 : « C’est du 2009 avec plus de structure. On peut le comparer au 1990.  » Nous le goûtons, l’assemblage sort de l’ordinaire : 57% CS, 47% M, jusque-là rien à dire, et ensuite 2% petit verdot, 0,5% cabernet franc, et… 0,5% carmenère, cépage bordelais d’origine émigré au Chili. Un vin solide, bon compagnon, généreux et sans histoire, mais il est à 8,90 €.

Nous terminons par le Château Fontesteau, à Saint-Sauveur.
Jean-Christophe Barron a repris ce château au milieu d’un parc et des bois de 100 ha, et a tout restauré, bâtiments et vignobles. La longue allée d’entrée a été empierrée avec les cailloux retirés lors de la replantation ! 37 ha au sous sol hétérogène de sables, graves, calcaire. Le 2ème vin Messire de Fontesteau peut nous intéresser. Il serait à 6 € ? On ne sait pas, ni Gérald Louassier ni Tristan Baudin qu’on avait prévenus pourtant, personne dans les parages ne sait, l’associé de J-C. Barron, Dominique Fouin, est absent, il n’a pas laissé de consignes.

Le 2ème vin Messire de Fontesteau est fin et élégant, j’aime sa robe claire : est-ce le sable et le calcaire des parcelles d’où le jus est issu qui lui donnent cette légèreté et cette finesse ? On va voir comment il se comporte face aux autres. Car on va prendre le temps de tous les regoûter une fois rentrés à Paris.

Voilà, c’est fini, l’orage s’annonce, les échantillons sont dans le coffre, on rentre à Bordeaux sous la pluie.

À SUIVRE… PROCHAIN ÉPISODE : AND THE WINNER IS…

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