FRÉDÉRIC VITOUX SAIT VOIR STENDHAL DANS SON VERRE

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INTERVIEW DE GÉRARD PANGON POUR 1855.com — 1er juillet 2011

L’académicien Frédéric Vitoux aime le vin comme il aime la littérature, pour l’élégance, l’intelligence, la sincérité et… le plaisir de le boire.

« Mon père n’était pas un hédoniste, ne s’intéressait ni à la nourriture ni au vin mais à la médecine. Un jour, il revint de la région lyonnaise avec une bouteille dont il était fier parce que sur l’étiquette figurait le nom d’un grand médecin : il était allé dans la propriété de Claude Bernard. Ce beaujolais ne s’était pas gardé, était devenu une piquette infâme, et mon père ne s’en rendait même pas compte ! Tel est mon premier souvenir de vin. Ignoble. Le deuxième vient d’un restaurant de Grimaud, dans le midi, Les Santons, où un ami de mon père (1) gastronome qui faisait partie du Club des Cent (2), m’avait invité à dîner .

Le vin est un roman - Frédéric Vitoux

On a bu un Côte Rôtie que j’ai trouvé admirable. Comme toutes les Syrah, il avait des côtés un peu réglisse, et je me suis dit : « Le vin, c’est quand même quelque chose de formidable. » Read More »

UN BLOGGER AU IIème SIÈCLE

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AULU-GELLE

Nuits attiques (Noctes atticae) de l’auteur latin Aulus Gellius (130-180 après JC) peut être considéré comme un « blog antique » — notes, souvenirs, apologues, chroniques, paraboles et essais qui d’adressent, comme nos posts d’aujourd’hui, au plus grand nombre sur un ton amical et ironique.
Des morceaux choisis de Nuits attiques ont été publiés en français en 2006, commençant par cette dédicace de l’auteur : « Quelques petits rappels, certes fort modestes, mais ni trop rabougris, afin que le désir d’apprendre y trouve à se nourrir, ni trop froids, afin que l’esprit s’y réchauffe et s’y divertisse… »

L’expression latine in vino veritas revêt la même signification dans plusieurs civilisations et sert à d’innombrables titres de livres, revues, associations, blogs en France ou aux USA et ici, à un chapitre de ces Nuits « attiques » parce que rédigées en Grèce. Read More »

CHANTONS BLANC ET ROUGE

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MICHEL MARMIN

Les luttes politiques et les guerres civiles ont ceci de sympathique, en France, qu’elles se terminent toujours en chansons… à boire. Et plus elles sont féroces, plus l’on chante et l’on boit ! Certes, il est des façons plus sérieuses d’aborder l’histoire de France, mais il en est aussi de pires. On verra par les cinq exemples ci-après que les tièdes, les attentistes et les modérés ne sont pas au rendez-vous. Ils ne doivent boire que de l’eau… En effet, ce sont les extrêmes de l’arc-en-ciel politique français que l’on retrouve systématiquement dans les chansonniers. Les blancs et les rouges. Read More »

LISEZ MATZNEFF AMIS BUVEURS !

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MICHEL MARMIN

Amis buveurs, lisez et écoutez Gabriel Matzneff !
Le recueil de chroniques Vous avez dit métèque ?, dernier livre de Matzneff, confirme son talent de serviteur de la langue et son amour de la vie.
«
Que vais-je boire ? Je n’ai pas encore converti Iza Guyot à mon vin préféré, à ma bouteille fétiche : un clavelin de vin jaune de Château-Chalon; en revanche, elle me fait découvrir le la-tour-de-by 1991, à la robe pourpre, aux arômes de violette et de réglisse. Ce superbe médoc m’enchante, et je m’apprête à le siroter religieusement, en vrai mousquetaire. » — Passage d’une chronique au Figaroscope en 1995, attablé au Bistro du port (disparu depuis) lorsque la belle Iza officiait aux fourneaux. Read More »

« JÉRÔME » INTERDIT DE MODÉRATION

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DANIEL BERGER

Jérôme, le grand roman oublié de Jean-Pierre Martinet, reparaît après 30 ans d’absence aux éditions Finitude (novembre 2008).

Publié pour la 1ère fois au Sagittaire en 1978, Jérôme était devenu introuvable, on ne parlait plus de ce livre-monstre qui résonne comme un éclat de rire terrifiant. Cette réédition est augmentée de textes de ses amis éditeurs Alfred Eibel et Raphaël Sorin, et contient trois chapitres inédits avec une nouvelle fin.

Admirateurs et détracteurs vont enfin pouvoir le (re)lire et connaître le frisson du pire, sans aucune modération !
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LE PINARD DU BIDASSE

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Nostalgie à la frrrrançaise… Boire un petit coup c’est agréable!… Ce refrain, on l’a peut-être oublié, était à l’origine une chanson de soldat, symptomatique de l’une des plus vieilles traditions de l’armée française, et sans doute pas la plus glorieuse : la picole. Read More »

LITTELL VERRE EN MAIN

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Par MICHEL MARMIN — 25 mai 2008

« Je trouvai un château Margaux 1900 et je pris aussi un Ausone de la même année ainsi que, un peu au hasard, un graves, un Haut-Brion de 1923. Bien plus tard, j’ai compris que c’était une erreur, 1923 ne fut pas vraiment une grande année, j’aurais mieux fait de choisir le 1921, nettement meilleur. »
La scène se passe en Prusse, pendant l’hiver 1944-1945, dans le château d’un hobereau antinazi, farouchement réactionnaire et cependant compositeur de musique dodécaphonique. Le narrateur, lui, est un officier SS qui pille sans vergogne, mais non sans goût, la cave de son beau-frère pour fuir les démons intimes qui le rongent et le terrorisent, pour oublier l’odeur du sang juif dans lequel il a baigné en Ukraine et en Russie, pour suspendre la course tragique du temps. Il est vrai que cet épisode, l’un des plus étranges et des plus troublants du livre de Jonathan Littell, Les Bienveillantes, constitue en tant que tel une manière de mise en suspens du roman, un antidote de l’horreur. Le « héros » de Littell, l’Obertsturmbannführer Aue, porte d’ailleurs en lui-même cette contradiction : s’il n’échappe pas à la criminelle aspiration de son destin allemand, il la contredit mentalement par une passion singulière pour la musique de Rameau, les troubadours, Flaubert et les grands vins. Peut-on être à la fois nazi, assassin et épris de culture française? Oui, et c’est toute l’ambiguïté de cet extraordinaire et effrayant roman qu’il faut lire le verre à la main pour en supporter le choc. Le livre faisant 1408 pages dans l’édition Folio, cela peut entraîner la consommation de quelques verres.

Michel Marmin, angevin, critique et historien du cinéma, poète à ses heures et malheureusement affligé depuis une dizaine d’années d’une allergie au cabernet, cliniquement incurable. Il s’en console avec d’autres cépages. Le dicton, attribué par Cicéron aux Grecs : Aut bibat, aut abeat (Qu’il boive ou qu’il s’en aille), trouvé dans le Gaffiot, sert d’intitulé à sa rubrique.

NdE. L’orthographie des vins est la nôtre et non celle de l’éditeur Gallimard. La question des majuscules des crus, appellations, dénominations, lieux, etc. faisant débat (franco-français), nous publierons prochainement une mise au point.